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L’édito n°755 ‘La douceur de Dieu’

Publié le 20 mars 2026

                               Notre parcours de carême sur l’écologie intégrale s’est achevé ce mercredi. Il fut éprouvant, exigeant et même rude pour nous tous. Car il nous a fallu regarder en face la gravité de la situation écologique. Il nous a fallu entendre ce que le pape François écrivait il y a plus de 10 ans sur ce sujet : la crise écologique actuelle révèle une blessure bien plus profonde et bien plus ancienne, une blessure spirituelle. C’est une blessure qui, depuis le péché des origines, affecte la relation des humains à Dieu, aux autres et à la Création. Il y a quelque chose de faussé en l’homme qui trouble sa relation à Dieu et qui affecte pareillement la manière dont il se rapporte aux autres humains et à toute la Création.

                Si cette crise a des racines spirituelles, c’est donc que son traitement lui aussi est d’ordre spirituel. C’est donc que la crise écologique ne peut pas se contenter d’une réponse technique, ni se résoudre simplement par une bonne gestion des ressources naturelles : elle nous convoque bien plus fondamentalement à la lutte contre notre propre péché. C’est donc que nous sommes appelés à une véritable conversion intérieure. Notre péché nous établit dans un rapport violent aux choses et aux êtres, un rapport de prédation et de convoitise. Nous convoitons, nous prenons, nous usons et nous jetons. Et cette manière de nous comporter vis-à-vis de la Création marque pareillement nos relations avec les personnes. La culture du déchet qui domine notre monde est un univers violent dans lequel l’individu tout-puissant ne regarde les choses et les êtres qu’en considération de lui-même et de son profit, un univers où l’on prend, consomme et jette… 

                C’est là le lieu de notre conversion !  Et il me semble que le maître mot ici serait la douceur. Il s’agit de retrouver une vraie douceur dans nos relations humaines, dans notre rapport à la Création et même dans notre manière de nous rapporter aux objets. Cette douceur nécessite une attention vis-à-vis de ce qui est petit, fragile, ce qui passe inaperçu. Une douceur qui invite à réparer plutôt que jeter, à écouter plutôt que juger. Une vraie douceur dans nos paroles également. Ce ne sont pas seulement nos comportements qu’il faut changer mais c’est une nouvelle posture intérieure qu’il nous faut trouver. Ou plutôt : le changement de nos comportements ne peut être que le fruit d’un changement intérieur, d’un renouvellement de notre regard et de notre écoute, en un mot d’une conversion. Les témoignages que nous avons entendus au fil de ce parcours vont tous dans le sens d’une plus grande simplicité, d’une sobriété heureuse retrouvée, d’un plus grand soin porté aux relations fraternelles, d’une plus grande douceur qui redonne à la vie une saveur perdue. Selon la perspective chrétienne, toute conversion prend source dans la rencontre avec Jésus-Christ, l’unique Sauveur. C’est Lui qui fait jaillir en nous la vie nouvelle et nous fait passer de la violence du péché à la douceur de Dieu.

Pierre-Alain Lejeune

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