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L’édito n° 752 ‘La grâce de la pénitence’

Publié le 27 février 2026

                Cette année, l’affluence record de jeunes lors de la messe des cendres s’est à nouveau vérifiée, et même amplifiée, dans notre paroisse comme un peu partout en France. On peut tenter d’expliquer ce phénomène par toutes sortes d’analyses sociologiques et historiques : l’après-crise du Covid, l’incertitude sociale et climatique, la perte de sens dans une société de plus en plus matérialiste, le besoin d’appartenance, etc… Certes, mais ces analyses, aussi pertinentes soient-elles, ne suffisent pas. Il nous faut essayer d’entendre au-delà, d’entendre ce que l’Esprit Saint nous dit à travers cette jeune génération. 

                Et notamment sur ce point : pourquoi ces jeunes viennent-ils particulièrement à la messe des cendres ? Une messe dont vous conviendrez qu’elle n’est pas la plus « fun » de l’année… C’est la messe du repentir, de la pénitence et de la conversion. Depuis des décennies, nous pensions que pour attirer les jeunes, il fallait trouver un discours cool, sympa, moderne, et nous passions sous silence les thèmes du péché et du repentir, pourtant présents à chaque page de la Bible ou presque. Et voilà que la jeune génération revient par cette porte que nous avions tenté de fermer, ou tout au moins de cacher…

                Beaucoup d’analystes expliquent cet engouement par le geste des cendres sur le front, qui jouerait comme un signe de reconnaissance pour une génération en quête d’identité, d’appartenance et de repères. Certes… Mais il y a autre chose à entendre. Qu’est-ce que le Seigneur nous dit par là ? Peut-être quelque chose de la grâce de la pénitence. Car il y a une coïncidence qui saute aux yeux : c’est au moment où l’Église en France entreprend un véritable travail de vérité concernant les abus commis en son sein, au moment où elle regarde en face la réalité, reconnaît les crimes, demande pardon, essaie de réparer, c’est alors que surgit cette fécondité inattendue. Pour mémoire, le rapport de la CIASE a été publié en octobre 2021 et c’est lors de l’été 2022 que la vague des jeunes a commencé à déferler dans de nombreuses paroisses de France. Il faudrait être sourd pour ne pas entendre ce qui nous est dit là… 

                Si cela est vrai, si la repentance porte tant de fruit, alors nous devons absolument poursuivre le travail entrepris. Nous devons le poursuivre d’abord pour les personnes victimes, afin de libérer leur parole et les aider sur le chemin éprouvant de leur reconstruction. Mais nous le devons aussi, car chaque fois que l’on reconnaît son péché, chaque fois que l’on fait la vérité, il en résulte une fécondité nouvelle ! Le vendredi 13 mars aura lieu la journée mémorielle des victimes de crimes sexuels dans l’Église et je vous invite à y prendre part à travers les différentes propositions paroissiales et diocésaines (cf. annonce). Et puisque ce qui est vrai collectivement au niveau de l’Église, l’est aussi au niveau personnel, puisse chacun de nous découvrir la grâce qui jaillit dans nos vies lorsque nous faisons la vérité, confessons humblement notre péché et demandons pardon. 

Pierre-Alain Lejeune

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