L’écologie n’est plus un thème secondaire et facultatif que nous pourrions remettre à plus tard. Et depuis que le pape François s’est emparé de ce sujet, il y a plus de 10 ans, nous percevons mieux que l’enjeu est bien plus large que nous le pensions et qu’il nous appelle à une véritable conversion. Le pape François nous a aidé à prendre conscience que la violence dont nous faisons preuve envers la nature, envers les personnes et même envers les choses, ont la même origine : la convoitise, l’attitude prédatrice, l’appétit démesuré de l’Homme.
Par l’expression « culture du déchet », il dénonce notre rapport à toutes les choses que nous jetons dès que nous n’en voulons plus, mais pareillement notre rapport à la nature, notre rapport aux personnes et à la vie en général. L’évolution de la législation concernant l’avortement et le suicide assisté en est une déplorable illustration. C’est le même instinct de toute puissance qui s’exprime ici et là. La crise écologique est bien plus profonde que nous le pensons habituellement et elle appelle une véritable conversion intérieure. L’enjeu de la crise climatique se trouve donc au fond de notre cœur : il s’agit d’en finir avec l’instinct de prédation qui commande bien souvent nos comportements, de retrouver une certaine douceur dans notre manière d’être et de vivre, de passer de la culture du jetable à l’éthique du soin.
Avec l’Équipe d’Animation Pastorale, nous avons décidé d’orienter notre carême sur ce sujet et nous vous proposons une série de 4 soirées. La première, le 25 février, sera une conférence donnée par Frédéric Van Lauwe, paroissien de Pessac et docteur en physique : il brossera le tableau du dérèglement climatique. Les trois autres soirées (4, 11 et 18 mars) seront animées à partir de 3 vidéos suivies d’échanges. Ces vidéos ont été réalisées selon une approche non confessionnelle ; elles visent à nous faire prendre conscience de la gravité de la situation, de comprendre comment nous en sommes arrivés là et d’ouvrir des pistes sur ce que chacun peut faire à son niveau.
Si nous avons choisi d’orienter notre carême sur ce thème, c’est qu’il rejoint le jeûne, la prière et l’aumône, les 3 piliers traditionnels du carême. Le jeûne à travers l’appel à une plus grande sobriété, à l’inverse de la frénésie consumériste de notre époque. La prière car nous devons retrouver l’émerveillement devant la création. L’aumône car c’est uniquement dans le partage des richesses que nous retrouvons un plus juste rapport aux choses et aux personnes.
L’aventure que nous vous proposons à travers ces 4 soirées est exigeante car elle nous conduira à regarder la réalité en face, à ne pas nous réfugier dans le déni comme nous le faisons si souvent. Cette démarche est en profonde cohérence avec le carême : ne pas se détourner, affronter l’épreuve afin de la traverser, consentir à une conversion exigeante, suivre Jésus au désert pour passer avec lui de la mort à la vie.
Pierre-Alain Lejeune