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Le combat de la prière

Publié le 27 juillet 2026

Message du Père Pierre-Alain Lejeune

Chers amis,

Déjà le troisième jour qui passe depuis que nous avons dû quitter nos domiciles précipitamment ; déjà une semaine que le feu dévore notre forêt et nos maisons. Il y a de quoi défaillir… Mais souvenez-vous : en 2020, nous avons déjà fait l’expérience d’une vie paroissiale totalement bouleversée. Lors de la crise du Covid, nous avons fait l’expérience que la communion de la prière est une arme puissante contre l’isolement et la peur. Voilà ce que nous pouvons, ce que nous devons faire ! En ces heures sombres, nos pires ennemis ne sont ni le feu, ni le vent tournant, ni les températures caniculaires. Ce qu’il nous faut combattre absolument, c’est la peur, le désespoir et le repli sur soi. Ce qu’il nous faut implorer, c’est cette force d’âme lorsque l’épreuve se présente à nous.

Par notre prière, nous devons bien sûr soutenir tous ceux qui combattent les incendies jour et nuit. Ne sous-estimons pas la force de la prière ! Mais par notre prière, nous pouvons également demander à Dieu de changer notre cœur : c’est là que ce joue cet autre combat que chacun doit mener. Le combat entre la ténèbre et la lumière, le combat entre la peur et la paix intérieure, le combat entre le repli sur soi et la compassion.

Il y a trois ans, notre paroisse a été confiée au patronage de Saint Joseph : lui qui eut un cœur assez humble pour écouter la voix de Dieu plutôt que son propre sentiment, lui qui sut faire preuve d’un courage de père pour protéger la mère et l’enfant, lui qui n’hésita pas à s’en remettre à Dieu lorsque se présentèrent devant lui des défis insurmontables, lui qui n’a jamais opposé sa responsabilité et sa confiance absolue en Dieu. Le temps viendra de tirer les enseignements de ce que nous subissons aujourd’hui et de prendre les décisions qui s’imposent, mais en ces heures où nous ne voyons pas d’issue et où nous faisons l’expérience si douloureuse de notre impuissance, implorons l’aide de Saint Joseph, demandons-lui de prier Dieu pour nous.

Nous autres, disciples du Christ, nous connaissons la posture paradoxale qui est la nôtre en ce monde : il nous faut garder les pieds sur terre, protéger et défendre cette planète de toutes nos forces mais en gardant toujours les yeux tournés vers le Ciel. Il nous faut agir et faire face à toutes nos responsabilités humaines mais sans jamais cesser de prier et de nous en remettre à Dieu. Car aussi précieuse soit la création qui nous a été confiée, elle n’est pas le trésor ultime qui nous est promis. Nous ne sommes que de passage sur cette terre, tels des pèlerins en route vers la Patrie céleste. L’horizon ultime de notre vie n’est pas entre nos mains ; l’horizon ultime de notre vie, c’est Dieu. Et c’est au fond de notre cœur que se joue cette bataille décisive… Ainsi, dans l’impuissance que nous éprouvons ces jours-ci, je vous invite à méditer ce célèbre adage de notre tradition chrétienne : « Agis comme si tout dépendait de Dieu et non de toi ; prie comme si tout dépendait de toi et non de Dieu ». Ces mots peuvent sembler contradictoires ; en vérité, ils expriment avec une force extraordinaire l’union de l’action et de la prière.

Mes chers frères et sœurs,  nous sommes éloignés les uns des autres et dans l’impossibilité matérielle de nous réunir dans nos églises mais je vous propose de nous retrouver chaque soir dans la prière à 19h précises : chacun, là où il est, pourra prier avec les mots du psaume 85 (ci-dessous). Nous prierons les uns pour les autres ; nous prierons pour les soldats du feu qui risquent leur vie pour protéger les nôtres ; nous prierons pour celles et ceux qui n’ont plus d’espoir, plus de foi et qui sont entièrement prisonniers de leur peur ; et chacun de nous priera aussi pour lui-même, comme un pauvre désarmé qui crie et implore Dieu, afin qu’il nous rejoigne dans notre détresse, qu’il unifie notre cœur et qu’il détruise ces ennemis intérieurs qui s’en prennent à notre âme. Ainsi, nous serons les sentinelles de l’aube qui ne manquera pas de se lever.

P. Pierre Alain Lejeune

Psaume 85

Écoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.

Veille sur moi qui suis fidèle, ô mon Dieu,

sauve ton serviteur qui s’appuie sur toi.

Prends pitié de moi, Seigneur, toi que j’appelle chaque jour.

Seigneur, réjouis ton serviteur : vers toi, j’élève mon âme !

Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,

écoute ma prière, Seigneur, entends ma voix qui te supplie.

Je t’appelle au jour de ma détresse, et toi, Seigneur, tu me réponds.

Aucun parmi les dieux n’est comme toi, et rien n’égale tes œuvres.

Toutes les nations, que tu as faites, viendront se prosterner devant toi

et rendre gloire à ton nom, Seigneur,

car tu es grand et tu fais des merveilles, toi, Dieu, le seul.

Montre-moi ton chemin, Seigneur,

que je marche suivant ta vérité ;

unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom.

Je te rends grâce de tout mon cœur,

Seigneur mon Dieu, toujours je rendrai gloire à ton nom ;

il est grand, ton amour pour moi : tu m’as tiré de l’abîme des morts.

Mon Dieu, des orgueilleux se lèvent contre moi,

des puissants se sont ligués pour me perdre : ils n’ont pas souci de toi.

Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié,

lent à la colère, plein d’amour et de vérité !

Regarde vers moi, prends pitié de moi.

Donne à ton serviteur ta force, et sauve le fils de ta servante.

Accomplis un signe en ma faveur ;

alors mes ennemis, humiliés,

verront que toi, Seigneur, tu m’aides et me consoles.

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